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Lire le canon éthiopien · Leçon I

Le Kebra Nagast

Comment le voyage d’une reine à Jérusalem devint le récit fondateur d’un royaume chrétien — et pourquoi un livre en guèze a façonné l’identité éthiopienne durant sept siècles.

Origine
Aksoum, v. 1314–1322
Langue
Guèze
Canon
Épopée nationale
Cette leçon
Intro, lecture et réflexion

Ce que vous apprendrez

  • Restituer le cœur du récit du Kebra Nagast et ses figures principales.
  • Expliquer comment le livre a fondé la dynastie salomonienne et l’identité éthiopienne.
  • Distinguer le récit sacré du récit savant sur l’origine du texte.

Le Kebra Nagast — la Gloire des Rois — est l’épopée nationale de l’Éthiopie, écrite en guèze et attribuée à Nebure Id Yeshaq d’Aksoum, qui la compila au début du XIVᵉ siècle (vers 1314–1322).

Il raconte comment Makeda, la reine de Saba, se rendit à la cour du roi Salomon à Jérusalem ; comment leur fils Ménélik Iᵉʳ revint adulte et apporta l’Arche d’Alliance — le Tabot — à Aksoum ; et comment l’Éthiopie devint ainsi un second Israël.

Le livre a véritablement agi dans le monde : il a fondé la dynastie salomonienne qui régna jusqu’en 1974 et demeure un trésor du sentiment national et religieux éthiopien. Les savants y voient une œuvre du XIVᵉ siècle qui a légitimé cette dynastie ; bien des chrétiens éthiopiens la reçoivent comme une histoire fiable. En lisant, vous pouvez tenir les deux à la fois.

Pour aller plus loin

Le récit se construit comme un voyage et un transfert. Makeda entend parler de la sagesse de Salomon et se rend à Jérusalem; elle est gagnée au Dieu d’Israël; et son fils, revenant des années plus tard, porte l’Arche du Temple à Aksoum où — selon le récit — elle demeure. Autour de cette colonne, le compilateur a rassemblé prophétie, généalogie et typologie, lisant toute l’Écriture comme orientée vers l’élection de l’Éthiopie.

Pour l’Église éthiopienne, le Kebra Nagast n’est pas une simple œuvre littéraire. Chaque église abrite un tabot, tablette consacrée représentant l’Arche; le livre donne à cette pratique quotidienne son récit fondateur. Le lire, c’est se tenir dans l’imaginaire d’un peuple qui s’est compris comme gardien de l’Arche et héritier d’Israël.

Lisez ici le texte intégralLa traduction intégrale du domaine public, libre de lire et de télécharger, sur cette page.
Le Kebra Nagast — E. A. Wallis Budge, 1922 · Domaine public · via l’Internet Archive
Votre lecture

Le Kebra Nagast · ክብረ ነገሥት

Lisez la traduction du domaine public d’E. A. Wallis Budge (1922). Commencez par les premiers chapitres et la rencontre de Makeda et de Salomon, puis l’arrivée de l’Arche à Aksoum.

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Ce texte vit dans notre Bibliothèque Ouverte.

Termes clés
Tabot ታብቶL’Arche d’Alliance, et la tablette d’autel consacrée au cœur de chaque église éthiopienne.
MakedaLe nom éthiopien de la reine de Saba.
Ménélik IᵉʳSon fils né de Salomon ; le premier des rois salomoniens.
AksoumL’antique capitale où la tradition situe l’Arche.
Pour la réflexion
  1. Pourquoi un royaume aurait-il besoin d’un récit fondateur le reliant à Salomon et à l’Arche ? Que rend possible un tel récit ?
  2. Le livre se lit comme histoire sacrée et comme œuvre de son siècle. Comment tenir ces deux lectures ensemble ?
  3. Que signifie, pour une communauté, de tenir la copie et la garde d’un livre pour un devoir sacré ?
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